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Cherbourg : ils font croire qu'ils ont traversé la Manche à pédalo !

Un ancien élève de l'Ecole supérieure d'arts et médias (Esam) de Caen-Cherbourg et son ami ont réussi à faire croire aux médias qu'ils avaient traversé la Manche à bord d'un pédalo, entre Cherbourg et Portsmouth (Angleterre). 

  • Par Laurent Quembre
  • Publié le 17/01/2013 | 10:04, mis à jour le 17/01/2013 | 10:39
Nicolas Koch,et son ami Maxime Bourget, samedi 12 janvier, à Cherbourg (Manche) © DR, NC
© DR, NC Nicolas Koch,et son ami Maxime Bourget, samedi 12 janvier, à Cherbourg (Manche)
Plus c'est gros, plus ça passe ..
Et pourtant, l'histoire était difficile à avaler : deux hommes de 27 ans ont raconté qu'ils avaient traversé la Manche, entre Cherbourg et Portsmouth (130 km), à bord d'un pédalo, à la mi-janvier. 
Une traversée aller-retour menée dans le cadre d'un projet pédagogique validé par l'Ecole supérieure d'arts et médias de Caen/Cherbourg

Les deux hommes ont beaucoup communiqué, l'école a joué le jeu ... Et bingo : la très sérieuse Agence France Presse (AFP) a rédigé mercredi une dépêche pour rapporter leur exploit sportif ! 
De très nombreux médias ont repris la dépêche AFP, et voilà comment un canular élaboré par deux jeunes artistes est devenue une vraie info.

Un pédalo baptisé "Pam le terrible"

Il faut dire que les deux hommes étaient convaincants : extraits de la dépêche AFP : 
"C'était incroyable, c'était froid, mais c'était plein d'espoir, l'espoir d'en voir le bout", a déclaré à l'AFP Nicolas Koch, artiste à l'origine du projet secondé par son ami Maxime Bourget, qui travaille pour un sous-traitant de DCNS à Cherbourg.
Les deux hommes sont partis samedi à 9H00 de Cherbourg à bord de "Pam le terrible", un pédalo d'un peu plus de trois mètres de long, pour arriver dimanche vers 15H00 à Portsmouth, en Angleterre, d'où ils sont repartis lundi à 05H00 pour mettre pied à terre à Caen le lendemain à 16H00, explique cet ancien étudiant de l'Esam.
"On n'a pas dormi dans la nuit de samedi à dimanche mais on avait beaucoup dormi avant", précise l'artiste.
"On a eu pas mal de pluie au départ, un peu de grêle à la fin. Il n'y a pas eu de grosse vague et on est arrivés sous le soleil", raconte M. Koch qui se dit prêt à recommencer "après-demain".
Un voilier de 3,60 m piloté par le père de Maxime Bourget leur donnait le cap et assurait leur sécurité.
"On a eu un peu peur vers l'entrée du Channel. Il y a un tel trafic. Sur une bonne dizaine de km à l'aller puis au retour, on s'est fait tracter par le voilier", a précisé M. Koch.


© google maps
© google maps
Pas de plaisantins en pleine mer

Les deux pseudo-aventuriers ont réellement pris le départ à Cherbourg samedi matin, sauf que, d'après nos informations recueillies à Cherbourg, ils n'ont parcouru que 300 mètres avant d'être stoppés par les gendarmes. 
L'un des deux hommes aurait même été aperçu dans un bar de la ville le samedi soir. 
Le lundi matin, ils ont également posé pour la photo dans le port de Cherbourg à bord de leur pédalo. 

Mais comment imaginer sérieusement qu'ils aient pu rester 30 heures en mer, sous la pluie et le vent, avec une température de 1 ou 2 degrés ? Et pédaler 130 kilomètres ? Et se glisser au milieu du trafic maritime très dense en pleine nuit ?

Ils finissent par avouer le canular

Très vite, l'histoire de la traversée de la Manche à pédalo s'est répandue sur le web. Mais le doute s'est installé chez les internautes et dans les rédactions.  
L'AFP a fini par annuler sa dépêche mercredi à 16 heures, soit 1h40 après l'avoir publiée ... 
Il faut dire que l'Ecole des Arts et médias avait cautionné le canular, qui, explique-t-elle, s'inscrivait dans un projet artistique.
Cette aventure marque le début de l’exposition 1,2,3 Soleil à l’école Esam de Caen-Cherbourg.

De nombreux médias ont été contraints de réécrire un article pour expliquer qu'il s'agissait d'un canular. Mais sur de nombreux sites web, l'histoire est toujours publiée comme si elle était vraie.

Une histoire qui montre que le web, et les medias, peuvent se tromper, et tomber parfois dans des panneaux grossiers, comme ce fut le cas en décembre avec ce jeune caennais qui avait monté une histoire de prophétie bidon autour de la fin du monde


 










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