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Intempéries : après la neige, le temps des bilans

Etables effondrées sous le poids de la neige, lait jeté en l'absence des camions de collecte bloqués par les congères : les éleveurs de la Manche ont parfois payé un lourd tribut aux intempéries qui ont paralysé le département pendant près de trois jours.

  • Par Catherine Berra
  • Publié le 16/03/2013 | 17:26, mis à jour le 16/03/2013 | 17:38
Dans la Manche, le vendredi 15 mars 2013 © France 3 Basse-Normandie
© France 3 Basse-Normandie Dans la Manche, le vendredi 15 mars 2013
"On nous considère comme des moins que rien", peste devant son étable éventrée par la neige, Emmanuel Eustace, 45 ans, producteur à Breuville, très insatisfait des propositions d'indemnisation de son assureur.

Car il s'agit bien d'un sinistre déjà pris en compte par les assurances et comme le montre notre vidéo ci-dessous, la déclaration de catastrophe naturelle pourrait ne pas aboutir.
Déclaration de catastrophe naturelle, mode d'emploi

Selon la FNSEA, jeudi soir, une quarantaine de bâtiment agricoles ou de serres s'étaient totalement ou partiellement effondrés dans la Manche à cause de l'épisode de neige et du vent qui a glacé le premier département laitier de France en nombre de producteurs.

A Brix, une agricultrice a vu la moitié de son étable s'écrouler et explique avoir jeté "quasiment 2 000 litres de lait", l'équivalent de deux traites.

Dès vendredi, on procédait aux premières expertises dans les femes du Cotentin :
Neige : les dégâts chez les agriculteurs de la Manche

Le vent a dressé des congères de près de deux mètres de haut en travers des routes dans certains secteurs de la Manche. Mais les animaux semblent plus résistants à la neige que les lignes électriques ou les toitures. "Une quarantaine de bêtes, des vaches allaitantes avec leurs veaux, sont restées dehors pendant la tempête car on ne pouvait pas accéder à leur champ", raconte l'exploitante.

Des intempéries, les agriculteurs de ce département côtier très exposé au vents et aux précipations, en ont connu d'autres, mais jamais ERDF n'avait dû faire face à autant de foyers privés d'électricité dans un même département, jusqu'à 44 000. Or, le courant est particulièrement précieux pour les éleveurs qui en ont besoin pour réfrigérer le lait ou faire tourner les machines à traire. A tel point que la plupart sont équipés de générateurs de secours. Mais quand celui ci vient lui-même à tomber en panne ou arrive trop tard, "c'est la catastrophe", témoigne Hervé Marie, qui dirige la section lait de la FDSEA de la Manche.

"J'ai dû jeter 6 000 litres de lait", racontait jeudi midi l'éleveur qui en produit 320 000 litres par an à Houtteville (centre de la Manche) et dont les vaches ont "aujourd'hui des mammites (inflammation des mamelles) parce qu'elles n'ont pas été traites à temps". D'après le syndicaliste agricole, "des centaines de milliers de litres ont dû être jetés" dans le département.

Dans les prés salés, les agneaux ont également souffert de la tempête. Là aussi, les pertes se chiffrent en milliers d'euros pour les éleveurs :
le cheptel des prés salés décimé par la neige
Le préfet de la Manche, Adolphe Colrat, a estimé "envisageable" ce vendredi sur France Bleu Cotentin une reconnaissance de l'état de calamité agricole dans le département.

Et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a "salué" dans un communiqué "la mobilisation des agriculteurs qui ont apporté leur aide aux Français lors des intempéries".

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