France 3 Normandie
Plusieurs communes réclament l'annulation de la déclaration d'utilité publique de la future ligne Cotentin-Maine.

Elles viennent de déposer, via quatre cabinets d’avocats, un recours auprès du Conseil d’État. 

Le Collectif des élus concernés par le projet THT Cotentin Maine dont les communes seront traversées par la future ligne couplée à l'EPR de Flamanville affirme qu'aucune étude d’impact n’a pas pu démontrer l’innocuité de la ligne sur la santé publique.

Selon un communiqué de presse, ces communes contestent l'utilité publique de la THT "puisqu'il résulte très clairement des conclusions de la commission d'enquête publique que ce projet ne pouvait être déclaré d'utilité publique qu'à la condition que des études sanitaires et épidémiologiques démontrent l'innocuité des THT pour la santé publique", ce qui n'est pas le cas.


Selon ces élus locaux, "le principe de précaution de la Charte de l'Environnement est totalement bafoué" dans ce projet.

Les communes requérantes sont au nombre de 8 dans la Manche et en Mayenne :

Buais (50) , Heussé (50) , Le Chefresne (50) , Villechien (50) , Lévaré (53) , Montaudin (53) , St Berthevin la Tannière (53) et St Symphorien des Monts (50) .


A noter que la commune de Chévreville (50) attaque également cette DUP avec le Cabinet Lepage, la communauté de commune de Vitré et ses 36 communes avec un autre avocat ainsi que la coordination des associations STOP THT.

Ce sont donc 4 cabinets d'avocats qui déposent des requêtes d'annulation de la DUP.

Rappelons que les travaux pour l'établissement de cette ligne à très haute tension ont été déclarés d'utilité publique par un arrêté publié le dimanche 27 juin au Journal officiel et qu'ils devraient commencer en 2011.

Le feu vert  a ainsi été donné au plus haut niveau de l'Etat à un projet pourtant vivement contesté par de nombreux élus et riverains.

La ligne aérienne de 400.000 volts "Cotentin-Maine" longue de 160 km doit traverser quelques 64 communes des départements du Calvados, de la Manche, de la Mayenne et d'Ille-et-Vilaine.

Fin 2009, la commission d'enquête publique avait rendu un avis favorable, mais subordonné aux résultats d'une enquête de santé publique.

"On va continuer à se battre et attaquer la DUP qui est illégale car aucune étude épidémiologique n'a été réalisée. Le volet santé a été totalement laissé de côté", déclarait en juin Christophe Gosselin, vice-président de l'association "Manche sous tension".


Les élus et plusieurs associations environnementales ont réclamé dès le début du projet une étude épidémiologique sur les effets des lignes à très haute tension sur la santé de ceux qui vivent à proximité, humains et animaux.

"Le ministère de l'Environnement n'écoute personne. On fait des enquêtes publiques mais on n'en tient pas compte. En attaquant le projet au nom de la protection de la santé de nos concitoyens, on fera notre travail de maire", soulignait en juin Jean-Claude Bossard, maire (SE) de Chefresne dans la Manche, la commune la plus impactée par le projet.


Le 30 avril dernier, quatre députés UMP et des élus PS et Verts avaient estimé "inacceptable" l'avis favorable du préfet de la Manche à cette ligne THT. Les députés UMP Guénhaël Huet (Manche), Jean-Yves Cousin (Calvados), Philippe Gosselin (Manche) et Yannick Favennec (Mayenne) avaient réclamé "l'enfouissement au moins partiel de la ligne et une étude épidémiologique" sur les conséquences sur la santé des ondes magnétiques émises par les THT.

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