Spéciale Jazz sous les pommiers à Coutances (Manche)

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L’édito

30ème Festival de Jazz sous les Pommiers
COUTANCES 28 mai - 04 juin


Le TRENTENAIRE SANS RIDES


Le trentenaire est sans rides. Jazz sous les Pommiers a encore accentué son audience au cours d’un anniversaire dont la Folle parade aura servi de baromètre à sa réputation, en guise de conclusion. Personne n’a la mémoire d’une invasion de ce niveau dans les rues de Coutances. La météo, qui fut tant de fois injuste avec l’énergie déployée pour illuminer le plein-air, a attendu la fin de la puissance funky de Fred Wesley, pour ouvrir un peu le robinet. Il est temps, maintenant, que le ciel porte ses attentions sur les besoins de tous ces éleveurs et producteurs maraichers que nous aimons tant voir, aussi, dans la Salle Marcel Hélie. Quelle belle idée  - enfin ! allais-je dire - d’aller traquer les huîtres, là où elles vivent, à la mer et d’en profiter pour préparer ses vélos aux promenades estivales. J’ai bien compris que la mise en place d’une telle proposition n’est pas simple mais les échos en valent sans doute la chandelle.

Quant à la programmation, on a du mal à se dire, qu’en fin d’année dernière, Denis Le Bas et ses amis avaient quelques difficultés avouées à le boucler. Sur ce site la plupart des concerts marquants de la 30ème de Jazz sous les Pommiers sont à voir ou à revoir pendant trois mois. Cadeau de Sombrero & Co, de France 3 Basse-Normandie et de Jazz sous les Pommiers.

Oui, le trentenaire est sans rides, car une fois encore, la proposition monumentale de JSLP aura offert la diversité, la qualité et un final tellement généreux, dans ce climat social et sociétal qui l’est de moins en moins. Certains bougonneront que la place aux rappels avait les travers de la météo, le compte-gouttes, évidemment dans les concerts de l’entre-deux. D’ailleurs Sanseverino aura enfoncé le clou, avec son sourire, sa voix éraillée et son humour si appréciés dans le pays. Mais, pour le vieux compagnon du festival que je suis, je n’ai jamais vu autant de standing ovations ponctuer les fins de concerts. 

C’est vrai l’intermède autour de la tendresse, de la jeunesse du Steinway du Théâtre aurait pu mettre une sacrée mauvaise ambiance et atteindre Vincent Cordhilac, l’accordeur du festival, depuis 15 ans.  Laurent Dewilde l’avait trouvé un peu vert et Giovanni Mirabassi lui a fait un sort en direct. Le pianiste italien a dit à la terre entière sur  notre site Internet et sur la belle chaine radiophonique qu’est Fip, combien le Steinway avec lequel il devait entrainer son trio n’était pas bon. Un joyeux anniversaire, comme un coup de fer à repasser, genre le Père Noël est une ordure !…Mais soyons honnêtes, excepté cet aparté, le concert du trio Mirabassi n’avait rien de détestable, loin de là. Toutefois, l’artiste aurait du avouer qu’il avait une tendinite, ce que certaines oreilles ont cru capter sans malice. Des oreilles qui n’ont entendu ni l’époustouflant Tigran Hamasyan, ni la légende Martial Solal, ni Kirk Lightsey, ni Mulgrew Miller, ni Marcin Wasilewski se plaindre de leurs prestigieux claviers que Vincent Cordhilac ne quitte pas d’une semelle durant tout le festival.


Et, sommet, que penser du phénomène Jamie Cullum, qui, sur un Steinway perché - et sans enlever ses chaussures-  laisse tomber la béatitude sur des milliers de fans, venus à Coutances, saluer ce blend de jazz et de pop. Sur ce terrain, l’Angleterre reste bien la matrice des enfants terribles et so charming de toutes les musiques. Un garçon qui aime Herbie Hancock, Jimmy Hendrickx et le cidre de Normandie ne peut pas être foncièrement mauvais aurait cautionné W.C.Fields. Le jeune homme, qui a pratiquement le même âge que JSLP, est courtois, souriant et disponible. Et son amour pour la musique passe au-dessus des gamberges médiatiques, sur la case dans lequel il faudrait l’enfermer. Il est trop libre Jamie, too free Mr Cullum et trop proche de tous les gens qui veulent lui témoigner leur admiration.

Déjà, dès l’ouverture du festival, le partage avait eu les traits de la belle et si délicate chanteuse coréenne Youn Sun Nah. Elle a totalement anéanti le cœur de son audience par le choix de son répertoire, mêlant à l’énorme standard de John Coltrane My Favorite Things, sussuré par sa kalimba, son piano à pouces un « j’adore les pommes, j’adore les pommiers » suivi de « Bon anniversaire Jazz sous les Pommiers, bon anniversaire Denis !  ». Message pour un seul Denis, le nôtre, Denis Le Bas, né un 28 mai et grand ordonnateur du festival depuis un quart de siècle. Denis, nouveau chevalier du fief de Coutances, par le bon pouvoir du Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand venu en personne lui accrocher le titre des Arts et des Lettres. Que d’émotions pour la modestie légendaire du récipiendaire d’autant que, dans le même temps, l’Europe avait salué le festival de la Manche en lui apportant un soutien financier sur trois ans. Le trentenaire est vraiment au top et…..sans rides !

Pascal Vannier


Jazz sous les pommiers COUTANCES - 28 mai > 04 juin 2011




   

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